Toi
par Sarah
Un grondement sourd à peine rythmé par les pas de Guillaume embrumait Elbeuf. Celui-ci se mit à chanter doucement, puis de plus en plus fort, mais cessa de peur d'être ridicule. Apercevant la photographie d'un palmier, il se prit à rêver à un voyage, un long et beau voyage... aux côtés de celle qu'il rejoignait. Après avoir longtemps marché, il arriva enfin devant la maison.
Sans attendre, il sonna. Quelques secondes s'écoulèrent. Les tempes de Guillaume battaient. Comme personne n'ouvrait, il sonna une nouvelle fois. Mais rien ne se passa. Il frappa, sonna, frappa, sonna encore et encore... puis il décida d'attendre.
Il attendit une heure. Puis deux. Au bout de trois heures, désespéré, il se leva, et après avoir sonné une dernière fois, tourna les talons et s'en alla. Mais à peine fut-il en route qu'un bruit de verrou attira son attention. Il fit volte-face, et aperçut Sarah sur le pas de la porte.
- Je... excuse-moi, dit-elle. Je suis désolée, je... je...
- Tu es si jolie, la coupa Guillaume.
- Entre, ajouta Sarah.
Guillaume la suivit jusqu'au salon.
- Assieds-toi, fit Sarah.
Il se laissa tomber dans un fauteuil et poussa un soupir d'aise. Mais soudain, Sarah se jeta sur lui. Sans qu'il n'ait eu le temps de réagir, elle l'embrassa fougueusement. Cela dura longtemps. Guillaume sentait son coeur battre la mesure de cette musique silencieuse... Cela était doux, comme à chaque fois. Cela n'en finissait plus... jusqu'à ce que les lèvres de Sarah se détachent, pour glisser dans un souffle imperceptible:
- Tu m'as manqué...
Une fois de plus, Guillaume prononça les trois mots magiques.
- Je t'aime.
Mais cette fois-ci, cela sonnait autrement. C'était plus beau. C'était plus fort.
- Depuis maintenant huit longs mois que nous nous sommes rencontrés, bien que j'aie eu d'autres aventures avant de te connaître, je t'aime cent fois plus que toutes les autres femmes réunies.
- Il en est de même pour moi, mon chéri, déclara Sarah. Personne ne pourra remplacer ton si tendre sourire. Tu es unique, grâce à plein de petites choses. Personne n'a ta démarche, Personne n'a tes cheveux. Personne n'imite aussi bien que toi le cri du cheval. Personne ne connait l'histoire de Elbeuf aussi bien que toi. Personne à part toi ne m'a jamais dit que j'étais sympa. Bref, personne à part toi ne mérite d'être dans mon coeur.
- Ma puce... Sarah...
Mais il ne put continuer. Une fois de plus, leurs lèvres se rejoignirent. Ils déliraient presque tant la fièvre les gagnait... ils étaient en haut d'un sapin, en train de aimer à l'air libre. Près d'eux, Lara Fabian chantait ''Je T'aime'' en les regardant. Comme frappé d'un coup de foudre, Guillaume fasciné eut à peine le temps d'apercevoir, dans un éclair, comme dans une toile de Picaso, Sarah réincarnée en sirène... Ecume bouclée, vagues ébouriffées, ciel baigné de nuages qui font cligner la lune, commissures nacrées de lèvres de coquillages, le sourire émaillé de corail blanc, la voix lactée et les seins nus étoilés de mer... tout disparut lorsque Guillaume rouvrit les yeux.
- Je voudrais t'épouser, dit Guillaume.
Sarah tressaillit.
- Pardon?
- Je t'aime. Je veux t'épouser. Veux-tu être ma femme, Sarah?...
Leurs lèvres tremblaient.
- Oui! Murmura-t-elle.
Toute la nuit, ils restèrent enlacés, à parler, ou à s'embrasser.
- Je t'ai déjà parlé de Thom? Demanda Guillaume.
- Non.
- Il m'a dit un jour que je ne pourrais jamais séduire qui que ce soit, même une folle.
- Il ne faut pas écouter ce genre d'idioties... comment pouvait-il te dire ça, à toi, qui es si... gentil!
- Tu ne le connais pas. Sa bêtise dépasse l'entendement.
- Je veux bien te croire!
Dans un sourire, un souffle, un battement de cils, ils se dirent ''je t'aime''. Ce sourire brille encore au fin fond des étoiles... ce souffle chante encore dans les hautes couches de l'atmosphère... ce battement de cils scintille toujours quelque part. Ils s'aiment.
un roman fait
ici c'est fou tout ce que l'on peut faire sur internet ..